Bonnes feuilles de mon jardin - Nature et culture

Le blog de Philippe Hoch - Notes, notules et photographies

25 septembre 2008

Wolfgang et Albert

Orgue_S

Strasbourg fut au XVIe siècle l'un des bastions de la Réforme et sa population se montra d'emblée sensible au message luthérien. Toujours importante, la communauté protestante dispose, depuis 1524, de sa «cathédrale» avec l'église Saint-Thomas.

Albert Schweitzer y fut pasteur. En 1909, celui qui n'était pas encore le célèbre docteur toujours au travail au milieu de la nuit* instaura une tradition musicale, celle d'un concert donné le 28 juillet, jour anniversaire de la disparition de Johann Sebastian Bach, sur le bel orgue Silbermann de 1740. Mort en 1750, Bach aurait pu jouer de ce célèbre instrument. Tel ne fut cependant pas le cas.

En revanche, le jeune Mozart donna, sur ce clavier, l'éclatante démonstration de son génie, lors de son passage dans la capitale alsacienne en 1778. Mozart, Schweitzer : un orgue doublement historique, qui constitue, à juste titre, le «trésor» émouvant de la «cathédrale du protestantisme d'Alsace», selon la formule que je lis sur le modeste document d'information mis à la disposition des visiteurs.

* Il est minuit, docteur Schweitzer, célèbre pièce de Gilbert Cesbron (1952).

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24 août 2008

« L'oreille pensante »

Conservatoire

Dans notre bonne ville de Metz, le conservatoire de musique se trouve situé dans le coeur historique de la cité, sur les hauteurs de la colline Sainte-Croix, rue du Paradis. Mais la félicité céleste que promet une telle adresse se mérite et les jeunes élèves, chargés de leur instrument parfois volumineux et pesant, grimpent une ruelle escarpée pour y parvenir. Cette réalité topographique me paraît offrir une belle image de l'éducation musicale - et de la culture tout court - qui devrait être accessible à tous, mais qui, en même temps, doit être conquise à force de travail et de persévérance.

Découvrir les parallèles entre la musique et la vie

Dans un récent numéro de L'Express (en date du 7 août 2008), le chef d'orchestre Daniel Barenboïm faisait part de son point de vue au sujet de la place de la pratique musicale dans la formation et la culture générale, pour regretter une marginalisation de cet art.

«La musique ne fait plus partie d'une éducation généraliste. Elle est devenue spécialisée. Dans les conservatoires, un futur violoniste n'est pas guidé vers les autres formes d'expression artistique. C'est dommage, car quelqu'un qui n'est pas suffisamment éduqué reste à la surface des choses. J'ai parfois peur que la société des loisirs ne dévore ce que j'appelle l'oreille pensante : cette sagesse qui permet de découvrir les parallèles entre la musique et la vie.»

La culture tout entière, du reste, est affaire de dialogue, d'aller-retour entre une personnalité structurée, qui ne cesse de s'enrichir, et la vie, elle aussi toujours renouvelée.

Notre photo : l'atelier d'un luthier, rue du Paradis (un nom prédestiné !), en face du Conservatoire à vocation régionale de Metz.

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