Bonnes feuilles de mon jardin - Nature et culture

Le blog de Philippe Hoch - Notes, notules et photographies

01 septembre 2008

Penser/Classer

Dieuze_biblio

Au moment de tremper la plume dans l'encrier, il m'arrive, comme on aura peut-être pu le remarquer, de rouvrir quelque vieux livre qui dort sur une tablette surchargée, parfois depuis mes années d'études. Une référence revient à l'esprit, une citation plus ou moins déformée, que l'on souhaite vérifier. C'est alors que commence la quête. «Où donc ai-je bien pu fourrer ce bouquin ?»

Le rangement de ma bibliothèque personnelle, voilà un casse-tête dont je ne suis pas encore parvenu à bout. J'ai bien effectué, surtout pour les domaines et les sujets qui me tiennent particulièrement à coeur, des regroupements thématiques, mais la diversité des formats et l'hétérogénéité des documents rendent les choses aléatoires. Et puis, que faire de tous les livres «inclassables» ?

Mais peut-être est-ce non seulement un problème matériel, de hauteur d'étagère, mais bien de pensée. Comme le disait, il y a longtemps, Georges Perec, penser, c'est classer.

Notre photo : cliché réalisé à l'exposition Du coeur à l'ouvrage, qui se tient à Dieuze, sur les métiers du bois et les compagnons du devoir.

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22 juillet 2008

L'utilité des livres selon Sénèque

Librairie_Malaga_largeur

Amoureux des livres, si l'on en croit l'étymologie, le bibliophile, volontiers présenté comme maniaque, parfois misanthrope, passe pour apprécier surtout la parure extérieure des volumes qu'il accumule «pour la montre», sans en tirer le profit moral, intellectuel, spirituel qu'une lecture approfondie des textes lui offrirait. On trouve chez La Bruyère et, après lui, sous la plume de bien des auteurs du XIXe ou du début du XXe siècle des portraits aigres-doux d'amateurs confits en dévotion devant quelque reliure aux armes.

Librairie_Nancy_d_tail

En vérité, la critique de l'usage à vrai dire purement ornemental, ou supposé tel, des livres ne date pas d'hier. On trouve déjà, chez le philosophe latin Sénèque, au Ier siècle ap. J.-C., une condamnation de la bibliomanie.

Des livres pour l'ornement de la salle à manger

Ainsi, dans le traité De la tranquillité de l'âme, écrit-il : «Tel homme, qui n'a pas même la culture littéraire d'un enfant, a des livres qui, sans jamais servir à ses études, sont là pour l'ornement de sa salle à manger. Qu'on se borne donc à acheter des livres pour son usage, et non pour en faire étalage. [...] Pourquoi cette indulgence exclusive pour un homme qui [...] baille au milieu de ces milliers de livres, et met tout son plaisir dans leurs titres et dans leurs couvertures ?» Vieux débat, comme on voit...

À lire : Sénèque, De la vie heureuse et De la tranquillité de l'âme, préface de Gilles Van Heems, Paris : Librio, 2005.

Nos photos : librairies d'ancien, à Malaga (Espagne), en haut, et Nancy (Meurthe et Moselle), en bas.

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