06 septembre 2008
La forteresse vide
Sur l'ancien corps de garde, qui occupe l'un des côtés de la place d'Armes, et derrière la statue du maréchal Fabert, un immense placard appelle la population à manifester, ce samedi 6 septembre, et à exprimer son inquiétude quant à «l'avenir de Metz», compromis par la modification de la carte militaire dont le gouvernement a pris l'initiative. Jeudi soir, un conseil municipal exceptionnel se tenait sur ce sujet ; et ce fut, au rapport du Républicain lorrain, «l'union sacrée».
Au moment même où la forte présence de l'armée dans la ville, qui remonte au XVIIe siècle au moins, risque de se transformer en une donnée historique définitivement révolue, Metz paraît prendre une conscience plus vive que jamais de ce trait essentiel de son identité, qu'elle a bien souvent tenté de refouler. Tout un chacun connaît forcément un parent, un ami, une connaissance plus ou moins lointaine qui a «fait son service» à Metz, «ville de garnison» par excellence. De fait, la face militaire de la capitale lorraine ne saurait être occultée.
«Metz défend l'État»
La géographie - comme l'histoire - permet d'en rendre compte. On connaît la célèbre formule de Vauban, galvaudée sous cette forme : «Quand les places fortes défendent leur province, Metz défend l'État», tout en face de «l'ennemi héréditaire» allemand. Bien des monuments témoignent d'une telle vocation stratégique aux avant-postes. Dans les alentours de la ville, la ceinture fortifiée mise en place par les Allemands durant l'annexion de la Lorraine mosellane, nous rappelle aussi que Metz fut, avant la Première Guerre, la plus grande forteresse d'Europe. Qui va se vider.
Une page d'histoire qu'à Paris on voudrait bien tourner. Mais les Messins ne sont vraiment pas pressés.











