19 juillet 2008
Les cétacés en ont assez
Le silence de la mer n'est plus ce qu'il était ; Vercors et le commandant Cousteau n'en croiraient pas leurs oreilles. Je ne parle pas, bien sûr, des plages où s'égaient de joyeuses troupes de vacanciers, ni même des sonorisations qui, partout, nous sont imposées, fût-ce au bord de l'eau, par quelque indésirable haut-parleur.
Non, au beau milieu de l'océan, loin de toute terre, c'est, comme partout, le vacarme. Des scientifiques, spécialistes de bioacoustique l'affirment. Réunis en congrès à Paris au début du mois, ils ont tiré, si j'ose dire, la sonnette d'alarme, comme on pouvait le lire dans Le Monde (édition du 4 juillet 2008).
La menace la plus grave sur le milieu marin
Qui l'eût cru ? «La pollution sonore est la menace la plus grave qui pèse sur le milieu marin.» On ne l'aurait certes pas imaginé ; voici quelques échantillons de ces activités humaines qui troublent la quiétude du monde sous-marin : passage de plus de 50 000 bateaux de gros tonnage dans les eaux européennes, sondages en vue de dénicher de nouveaux gisements de pétrole ou de gaz, sonars utilisés pendant les manoeuvres militaires, éoliennes, avions supersoniques dans le ciel...
Cimetière marin
Au premier rang des victimes du bruit de la mer, figurent les cétacés (baleines, cachalots, dauphins et autres marsouins), lesquels «utilisent des systèmes acoustiques très subtils pour se repérer dans leur environnement et communiquer entre eux». Dérangés, perturbés dans leurs échanges, leur nourriture et leur reproduction, les grands animaux marins finissent aussi par perdre le nord et viennent ainsi, désolant spectacle, s'échouer sur quelque plage transformée en cimetière.
Notre photo : «Le silence de la Mer», une villa au centre d'Arcachon (Gironde).











