30 septembre 2008
Rosh ha-Chana
Aujourd'hui débute, selon le calendrier hébraïque, l'année 5769 de l'ère de la Création. Les communautés juives célèbrent le Nouvel An, appelé Rosh ha-Chana, littéralement «la tête de l'année». Cette fête est la première du mois de Tichri (septembre ou octobre, selon les années), qui sera marqué en particulier, dans une semaine, par Yom Kippour, le Jour du grand pardon.
Il s'agit d'une période de méditation, d'examen de conscience et de pénitence. La liturgie de Rosh ha-Chana est marquée par la sonnerie de la trompe de bélier, le chofar, appelant les fidèles à un «réveil spirituel» et à un retour sur la nature de leur relation à Dieu et à leurs frères.
Nous souhaitons une bonne et heureuse année à tous nos amis juifs de Metz et d'ailleurs.
Notre photo : la grande synagogue consistoriale de Metz, édifiée en 1850.
29 septembre 2008
Le chef des milices célestes
La Saint-Michel, célébrée le 29 septembre, a d'abord revêtu, dans la liturgie catholique, la forme de l'anniversaire de la dédicace d'une ancienne basilique, consacrée à l'archange, quelque part dans la campagne romaine. Cet édifice ayant disparu et, eu égard à l'importance de Michel dans les Écritures (c'est, en effet, disent les exégètes, le «messager» dont le nom se trouve le plus fréquemment mentionné par la Bible), la fête est devenue celle du premier des archanges.
Pour l'Église catholique, l'archange Michel, chef des «milices célestes» a vaincu le Mal, représenté ici, sur une ancienne chapelle de Metz, sous la forme traditionnelle du dragon. Ajoutons que Michel est un nom théophore, porteur d'une des dénominations de Dieu (El).
Bonne fête à toutes les Michèle, Michelle et à tous les Michel.
28 septembre 2008
L'aigle impérial a perdu la tête
Nouveau succès des Journées du Patrimoine, le week-end dernier : d'après le ministère de la Culture, ce sont pas moins de douze millions de visiteurs qui ont mis à profit l'ouverture, habituelle ou exceptionnelle, de plus de 15 000 sites.
À Metz, le record d'affluence (entre 10 000 et 15 000 personnes, selon les sources - comme pour les manifestations syndicales !) est détenu par les casernes du quartier de Bellecroix (notre photo ci-contre), qui donnent sur le boulevard de Trèves, transformées pour l'occasion, trois jours durant, en «squat d'artistes» grâce à la galerie Shimoni ; un événement dont il a déjà été question dans ce bloc-notes. Ce fut l'occasion, pour le public, de rencontrer certains des exposants et de dialoguer avec eux.
Construite par les Allemands durant l'annexion de l'Alsace-Lorraine au Reich (1871-1918) et connue à cette époque sous l'appellation de Steinmetz Kaserne, la caserne de Bellecroix a longtemps été vouée au ravitaillement de la garnison, l'une des plus importantes de France. Le bâtiment est aujourd'hui promis à une complète réhabilitation immobilière.
À l'entrée du fort (notre photo ci-dessus), deux scènes se font face, «dignes d'un décor d'un opéra de Richard Wagner» (La Semaine, n° 184, du 19 septembre 2008). La vocation défensive du bâtiment explique bien sûr l'iconographie de ces deux représentations circulaires (notre photo ci-dessous) : un château-fort, les symboles des différentes Armes (artillerie, génie, cavalerie), sans oublier de mentionner l'aigle, symbole impérial.
On remarquera que ledit oiseau aura subi au passage une capitis diminutio. Comme l'explique l'article de La Semaine mentionné plus haut, le 18 novembre 1944, les GI's de la 95e division d'infanterie prirent pour cibles de leurs tirs les deux aigles, une manière de se venger d'avoir «perdu tant d'hommes sous les feux croisés de l'ennemi». Les scènes seront-elles restaurées à la faveur de la rénovation des lieux ou considère-t-on que leur mutilation fait partie de l'histoire ?
27 septembre 2008
Monsieur Vincent
C'est aujourd'hui la fête de saint Vincent de Paul. Statue photographiée à l'église d'Arry (Moselle).
25 septembre 2008
Wolfgang et Albert
Strasbourg fut au XVIe siècle l'un des bastions de la Réforme et sa population se montra d'emblée sensible au message luthérien. Toujours importante, la communauté protestante dispose, depuis 1524, de sa «cathédrale» avec l'église Saint-Thomas.
Albert Schweitzer y fut pasteur. En 1909, celui qui n'était pas encore le célèbre docteur toujours au travail au milieu de la nuit* instaura une tradition musicale, celle d'un concert donné le 28 juillet, jour anniversaire de la disparition de Johann Sebastian Bach, sur le bel orgue Silbermann de 1740. Mort en 1750, Bach aurait pu jouer de ce célèbre instrument. Tel ne fut cependant pas le cas.
En revanche, le jeune Mozart donna, sur ce clavier, l'éclatante démonstration de son génie, lors de son passage dans la capitale alsacienne en 1778. Mozart, Schweitzer : un orgue doublement historique, qui constitue, à juste titre, le «trésor» émouvant de la «cathédrale du protestantisme d'Alsace», selon la formule que je lis sur le modeste document d'information mis à la disposition des visiteurs.
* Il est minuit, docteur Schweitzer, célèbre pièce de Gilbert Cesbron (1952).
24 septembre 2008
Heureusement qu'il reste les pigeons voyageurs
Les employés de La Poste (enfin, certains) étaient en grève ce mardi, pour protester contre la réforme annoncée du service public. Heureusement que le courrier électronique fonctionne et qu'il reste... les pigeons voyageurs. Drôles de pigeons, d'ailleurs, que ceux nichant sur les façades de la Grande Poste de Metz. On leur reconnaîtra sans peine un profil tout aquilin et des serres trahissant leur nature véritable de rapaces.
L'impressionnant bâtiment en grès rose des Vosges scelle, en effet, comme tant d'autres dans la Nouvelle Ville (Neustadt) de Metz édifiée durant l'annexion de l'Alsace et de la Lorraine mosellane au Reich allemand, l'intégration du Reichsland Elsass-Lothringen à la terre impériale. Il fallait bien, du coup, des aigles pour délivrer le courrier...
23 septembre 2008
L'art investit le fort militaire
Pour leur vingt-cinquième édition, les Journées européennes du patrimoine se trouvaient placées, cette année, sous le signe du dialogue entre les monuments historiques et la création contemporaine. Il s'agissait d'établir un lien, une passerelle, petite comme il se doit, entre l'art des siècles passés et celui d'aujourd'hui. De grandes institutions donnent, depuis quelque temps, l'exemple. Ainsi en va-t-il du musée du Louvre, qui confronte les maîtres de la peinture flamande tels que Van Eyck par exemple et les créations de Jan Fabre ; de même, dans une exposition controversée, le château de Versailles provoque-t-il la rencontre entre l'architecture du Grand Siècle et le monde du «pape du kitsch», Jeff Koons.
À Metz, le lieu le plus couru, durant cette fin de semaine était un ancien fort militaire transformé, durant trois jours, en galerie d'art contemporain. Il s'agit d'une construction réalisée par les Allemands après qu'ils eurent annexé la Lorraine mosellane en 1871. Les autorités prussiennes entreprirent alors de doter la ville d'une véritable ceinture fortifiée destinée à la protéger d'éventuelles attaques.
L'une de ces immenses constructions, située boulevard de Trèves, à l'abandon depuis des décennies, livrée aux squatters, et dans l'attente d'un grand projet immobilier, pouvait être visitée.
À l'initiative d'Hervé Shimoni, elle faisait office d'immense galerie pour des artistes, dont certains, comme Matthieu Bauchat (notre photo ci-contre), travaillaient sur place, expliquant leur démarche et leur travail à un public - grands et petits (nos photos ci-dessus) - qui se pressait nombreux, attiré par le caractère insolite des lieux, bien sûr, et par leur «nouveauté», puisqu'ils n'avaient jamais été ouverts, mais aussi par la rencontre directe avec les plasticiens. Une expérience originale, à renouveler.
20 septembre 2008
Journées du patrimoine
Un quart de siècle ! Voici vingt-cinq ans, déjà, que les journées du patrimoine, d'abord nationales, puis européennes, permettent à tous les curieux de (re)découvrir des lieux souvent connus, d'autres parfois beaucoup moins courus et même de jeter un regard indiscret à l'intérieur de bâtiments, de demeures discrètes dont les portes restent d'ordinaire obstinément closes.
Eu égard au succès grandissant de la manifestation, chacun, il est vrai, s'y raccroche, de manière plus ou moins légitime, à moins de considérer que «tout est patrimoine». Phénomène bien connu de notre époque, qui bannit les hiérarchies au profit d'un égalitarisme culturel dont les conséquences peuvent s'avérer dévastatrices. Mais ne boudons pas notre plaisir, d'autant que le soleil brille sur notre chère Lorraine !
Notre photo : une verrière de l'église Notre-Dame de Metz (où a été baptisé le poète Paul Verlaine).
18 septembre 2008
Plaidoyer pour le réchauffement
Depuis le tout début de la semaine, au bureau, chacun manifestait son mécontentement : chef, on est gelés ! À côté de celle du thermomètre, la baisse des cotations boursières faisait figure d'aimable plaisanterie. Compatissante ou soucieuse du bien-être de ses agents, et donc de leur efficacité, notre administration a daigné rallumer les chaudières.
Mais tout le monde ne se trouvait pas logé à la même enseigne et, ai-je cru entendre, les avocats eux-mêmes auraient, dans un palais de Justice glacial, plaidé la cause du réchauffement... En tout cas, à l'heure de la sortie des officines, nul ne s'est montré suffisamment aguerri pour prendre place à l'une des nombreuses terrasses de la place Saint-Jacques.
17 septembre 2008
Mur végétal
En sortant du concert, mardi soir, à Scy-Chazelles (Moselle)


























